Bonjour, je m'appelle Sabine et j'ai créé ce blog pour publier les articles écrits par mon fiancé Jeff, un citoyen texan. En mars 2002, durant sa 27e année, il a été condamné à 40 ans de détention pour des crimes qu'il n'a jamais commis. La prison, ce n'est jamais facile. Mais être un homme innocent en prison, c'est tout simplement un cauchemar... Néanmoins, à travers les articles qu'il m'envoie et que je publie sur ce blog, il aime partager ses écrits venant de son cœur, un cœur qu'il a choisi de consacrer pleinement au Seigneur Jésus-Christ. L'injustice qu'il vit depuis si longtemps n'a pas changé cette décision. Notre prière est que les messages de ce blog puissent vous encourager, enrichir votre vie et vous permettre de mieux comprendre les voies de Dieu et peut-être même vous mettre au défi de sortir de votre propre zone de confort.

17 décembre 2017 - Le choix d'aimer et de ne pas juger

Un article écrit par un proche ami de Jeff

« Ne jugez pas afin de ne pas être jugés, car on vous jugera de la même manière que vous aurez jugé et on utilisera pour vous la mesure dont vous vous serez servis. » (Matthieu 7.1-1)

Depuis une semaine et demi environ, je demande à Dieu de me remplir de son amour pour son peuple. Ce n’est pas que je n’aime pas les autres, mais je voudrais vraiment aimer comme LUI aime. Comment pouvons-nous nous attendre à ce que Dieu nous confie de prendre soin d’autres personnes si nous ne les aimons pas ? Accepteriez-vous de confier votre enfant à un baby-sitter qui n’aime pas les enfants ? J’espère que non. C’est pourquoi je prie: Père, donne-moi ton amour pour ton people. Permets-moi de les voir comme tu les vois.

Ce ne fut donc pas une surprise que durant les sept derniers jours, deux hommes qui me sont chers se soient approchés de moi pour me confesser qu’ils sont incarcérés en raison d’un crime sexuel. Pour autant que je sache, ils ne se sont confiés à personne d’autre à ce sujet. Je le suppose seulement, bien sûr, car je ne leur ai pas posé la question. J’ai toutefois perçu une peur du rejet qui me pousse à croire que ces hommes n’ont pas partagé ce sujet avec quiconque d’autre.

Je peux le comprendre. La culture carcérale tordue considère ceux qui sont condamnés de crime sexuel comme des gens malades et pervers, alors que ceux qui sont condamnés pour meurtres sont vus comme des personnes méritant le plus grand respect. Tous les autres se situent entre ces deux extrêmes. Je ne sais pas quand le standard d’une telle idiotie a été établi, mais je reconnais honteusement que j’ai adhéré à cette absurdité pendant un bon bout de temps. Ce n’est qu’après ma rencontre puissante avec Jésus-Christ que j’ai commencé à apprendre à voir au-delà des crimes qui ont mené la plupart des hommes autour de moi dans ce lieu. C’est triste, mais même des personnes qui se disent chrétiennes ne semblent toujours pas réussir à voir au-delà du passé de quelqu’un d’autre pour voir l’or qui se cache en cette personne. Parfois, cet or est caché bien profondément, mais il est bien là. Et si nous prenons le temps d’écouter et de demander à Dieu de nous laisser « voir » dans les cœurs de ces hommes et/ou de ces femmes, je suis confiant qu’il le permettra.

Alors que ces deux hommes se sont rendus vulnérables pour me partager quelque chose qui, je ne peux que l’imaginer, représentait un lourd fardeau dans leurs pensées au quotidien, je ne pouvais m’empêcher d’être ému de compassion et l’amour que je ressentais déjà pour eux n’a fait qu’augmenter. Je me souviens que j’avais même envie de rire un peu quand ils ont exprimé la honte qu’ils ressentaient au sujet de leurs crimes, non pas que je trouvais cela amusant, mais parce que j’avais envie de les secouer et de leur dire : « Ne savez-vous pas ce que j’ai fait pour ma part ? Je suis responsable du meurtre de vies innocentes ! ». Et maintenant encore, ce verset des Ecritures qui est un fil rouge pour ma vie résonne dans ma tête : « …moi qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent. Mais j'ai obtenu miséricorde… » Puisqu’une telle miséricorde et une telle grâce me sont manifestées chaque jour, comme à nous tous, comment ne pourrais-je pas faire de même ? Comment pourrais-je ne pas manifester de l’amour alors que l’amour a été manifesté pour moi à la croix ? (voir Romains 5.8)

Aucun de ces deux hommes ne sait que l’autre m’a parlé, mais j’ai assuré chacun que mon amour pour lui n’est pas basé sur ce qu’il a fait ou n’a pas fait. Je suis libre de choisir, et je choisis l’amour ! Je les ai encouragés tous les deux à marcher dans la liberté qui est la leur en Jésus et à ne pas continuer à faire alliance avec la culpabilité et la honte. Le sourire sur leur visage exprimait le soulagement manifeste qu’ils ont chacun ressenti après avoir pu déposer un fardeau tel que le leur. Je ne peux pas imaginer le courage qu’il leur a fallu pour s’approcher de moi et faire leur confession. Je les ai toutefois remerciés pour la confiance qu’ils m’ont accordée et pour me permettre d’être témoin de leur grand courage. Ce fut une réelle bénédiction.

Jean 3.17 dit : « Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » Et Romains 2.4 nous dit que c’est « la bonté » de Dieu qui conduit un homme à la repentance. Comment mieux parler à autrui de la bonté de Dieu et de son amour qu’en les démontrant par nos actes? Après tout, les actions ne parlent-elles pas plus fort que les paroles? Parfois, ce n’est pas facile. Croyez-moi, je le sais ! Mais si nous croyons que rien n’est impossible à Dieu, alors nous n’avons aucune excuse. De plus, c’est tellement plus plaisant d’aimer. I

Gilbert M. Davila Sr. – Wynne Unit, Huntsville, TX
(un ami très proche de Jeff, qui est aussi l’un des pasteurs de réveil sur place)

12 octobre 2017 - Pour honorer Jeff à l'occasion de son anniversaire

Bonjour à tous,
Je n’ai jamais fait cela jusqu’ici, mais en cherchant une manière de bénir Jeff aujourd’hui pour son anniversaire, d’une manière un peu différente que par le passé (et je n’ai pas beaucoup d’options), j’ai été conduite à lui écrire un message pour l’honorer et le remercier. Un message que je n’allais pas juste lui envoyer à lui, mais aussi partager aujourd’hui à plein de personnes (via Facebook, via mes blogs, par email) pour l’honorer d’une manière plus « publique ». Et j’aurais encore pu ajouter bien des choses…
Merci de célébrer et d’honorer aujourd’hui avec moi cet homme précieux! Et merci pour votre amour et vos prières pour nous !
J’ajoute un lien vers un chant que j’aime beaucoup et qui est basé sur le célèbre Psaume 23. Ce dernier est plein de fortes proclamations que j’aime faire mienne et déclarer sur Jeff aussi !

5 juillet 2017 – Pas de plan B

J’ai le cœur brisé après avoir appris que l’un de mes amis ne va pas bien. Cela fait deux ans maintenant qu’il est sorti de prison. Il était un meneur ici. Un meneur ferme qui a conduit beaucoup d’hommes à Christ dans ce lieu et qui a une onction puissante sur sa vie pour enseigner et faire des disciples. Son héritage dans cette unité pénitentiaire se voit dans les vies de tellement de meneurs ici qui sont passionnés pour Dieu et qui ont grandi sous la tutelle spirituelle de ce frère.

Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. Peut-être que des découragements et des obstacles ont commencé à s’accumuler? Durant la première année après sa sortie en liberté conditionnelle, alors qu’il se trouvait encore lié à un bracelet électronique, son domicile était connu pour être un lieu où la puissance de Dieu se manifestait dans la vie de personnes qui venaient de partout pour que lui et son épouse exercent le ministère pour eux. Mais la vie nous réserve parfois des coups durs et, malheureusement, peut nous conduire à faire de mauvais choix dans l’émotion du moment, des choix avec un effet boule de neige destructeur.

Voilà pourquoi j’ai fait mon choix : Il n’y a pas de plan B.


1er juillet 2017 – Une parole de Jima

Depuis une année, notre groupe de louange a été réorganisé ici dans l’unité. Nous conduisons la louange lors de deux cultes chaque fin de semaine. Les cultes sont conduits par des volontaires qui varient drastiquement de l’un à l’autre quant à leur style et ce à quoi ils croient.

J’ai été transféré dans cette prison pour l’adoration. Dès mon arrivée, j’ai ressenti une grande liberté dans l’adoration et c’était formidable comme la présence de Dieu remplissait notre église et accomplissait les choses les plus impressionnantes.  

Mais récemment, on nous a ôté bien de la liberté. Bien que j’eusse pris une pause de six mois suite à mon opération chirurgicale du mois d’août l’année dernière, j’ai de nouveau joué au clavier et chanté pour le groupe réorganisé ces derniers mois.

Cela a été une vraie lutte pour moi.